Procès pour agression sexuelle : « On m’a volé mon consentement »

Samaël Dorkélé reçu au tribunal correctionnel de Bordeaux le 13 novembre.

Ce jeudi 13 novembre 2025, le tribunal de Bordeaux a jugé monsieur Samaël Dorkélé. Deux mois plus tôt, le prévenu aurait commis des attouchements sexuels sur une jeune femme endormie.

Dans la soirée du 14 septembre, à 22h25, les gendarmes interviennent au domicile d’une jeune femme à Langon. Un jeune homme de 18 ans, Samaël Dorkélé, ivre et torse nu, jette des bouteilles dans la rue. La jeune femme leur raconte qu’elle organisait une soirée et que Samaël se serait imposé. Sa présence la gêne, mais ses amis assurent qu’elle ne dormira pas avec lui. Pourtant, elle finit par partager son lit. Durant la nuit, Samaël profite de son sommeil pour la pénétrer vaginalement avec ses doigts. Inès s’enfuit et appelle de nouveau la gendarmerie le lendemain matin. « Je suis une jeune femme détruite […] On m’a volé mon consentement », confie-t-elle en pleurs, le 13 novembre devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.

« Quand c’était oui c’était oui, quand c’était non c’était non »

Le prévenu, sans compassion envers la victime, affirme ne pas comprendre les accusations. Pour lui, ce n’était qu’une « soirée normale » où ils se sont « dragouillés ». Il reconnaît l’avoir touchée mais assure avoir respecté son consentement : « J’ai reçu tous ses signaux. Quand c’était oui c’était oui, quand c’était non c’était non », répète-t-il.

Le procureur affiche une grande certitude en déclarant le prévenu coupable. « Monsieur Dorkélé, c’est un forceur, un opportuniste », dit-il fermement. L’avocat de la défense, visiblement agacé, gronde qu’Inès avait des « alternatives » pour ne pas dormir avec Samaël, mais « elle [les] a refusées pour se retrouver dans le lit de celui qu’elle va accuser quelques heures plus tard d’agression sexuelle ». Selon lui, cette affaire comporte trop de « doutes ». L’avocat de la partie civile, plus posé, rappelle qu’il s’agit d’« une très jeune femme qui cherche à se reconstruire » après ce traumatisme.

Pour les juges, les preuves sont suffisantes pour établir la culpabilité de Samaël. Il est condamné à 18 mois de prison ferme et 18 mois de sursis, ainsi qu’à verser 5 000 euros à la victime pour préjudice moral. Sa famille, bouleversée, assiste à son départ tandis qu’il crie : « Le Seigneur est avec moi ».

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