Jean-Michel Desplos, l’école du fait divers

Portrait de Jean-Michel Desplos ( © Linkedin Jean Michel Desplos)

Précision et rapidité rythment le quotidien du journaliste Jean-Michel Desplos. Aujourd’hui chef du service police-justice de Sud-Ouest, il a construit son métier sur le terrain, en apprenant à ouvrir les bonnes portes pour qu’elles ne se referment pas.

Un œil sur son téléphone, Jean-Michel Desplos passe ses journées de commissariats en tribunaux. Le terrain d’abord. « En moyenne, je passe trois heures par jour au commissariat de police », affirme-t-il de son accent garonnais, un sourire en coin. Depuis près de quarante ans, il construit son réseau à force de présence et de patience, des relations de confiance, tissées au fil des années. Deux tournées par jours tous les jours jusqu’à ce que cela devienne un réflexe ! Journaliste spécialisé en faits divers, il résume sa méthode simplement : « Avec les bons contacts, en trois minutes, vous savez tout. »

« Ce n’est pas du voyeurisme »

Observer, écouter, poser les bonnes questions : la routine s’est installée. Mais la règle reste la même. « Le journaliste doit rester à sa place », prévient-il. Ménager ses sources, respecter l’éthique, prendre le temps. Les bons informateurs sont ceux qui permettront aux journalistes de décrocher des scoops, « avec les bons contacts en deux minutes vous savez tout » explique-t-il sûr de lui. Attention : une information sortie trop tôt peut suffire à fermer des portes.

La distance avec ses sources est aussi nécessaire pour se protéger. Cela ne suffit pas toujours, surtout au début. Les premières fois, le travail est rude. « On stresse un peu. La première fois, on ne sait pas quoi faire, qui voir, comment », reconnaît-il. Avec les années, on trouve ses repères pour trouver les bonnes informations. Le but « ce n’est pas du voyeurisme » affirme-t-il. Pourtant, certaines images, certaines odeurs, certaines phrases s’inscrivent dans la mémoire. Pour Jean-Michel Desplos, l’épreuve la plus dure l’explosion de l’usine AZF, en 2001, à Toulouse. « J’avais l’impression que le monde s’était arrêté. C’était l’horreur absolue », confie-t-il, en repensant aux blessés couverts de sang qu’il a vu ce jour-là.

De « belles histoires »

Avec les années, les angoisses se sont atténuées. « Ça ne m’empêche pas de dormir », plaisante-t-il en riant. L’urgence, quant à elle, est devenue une habitude. Imperméable sur le dos, jean aux jambes, Jean-Michel Desplos repart chaque jour sur le terrain. L’essentiel pour lui est d’aller à la rencontre d’affaires de meurtres, de trafics de drogue ou d’enquêtes politico-financières, des dossiers lourds qu’il qualifie de « belles histoires », et qu’il s’amuse encore à raconter.

Son expérience et son efficacité dans le travail lui ont aujourd’hui permis d’être à la tête du service police-justice de Sud-Ouest, il encadre une équipe et en assure la gestion, sans quitter le terrain. Être chef de service, c’est « manager et rendre des comptes quand il faut rendre des comptes », explique-t-il. Une position qui lui permet surtout de transmettre avec bienveillance ce qu’il a appris au fil des années : « L’école des faits divers, c’est la rigueur. »

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