Au service des archives de Sud Ouest, conserver ne suffit pas. Il faut aussi faire vivre. Entre recherche documentaire et écriture journalistique, le passé alimente chaque jour l’actualité.
À ceux qui pensent que les archives ne sont que poussières et papiers abîmés, la réalité est bien différente. Au service des archives de SudOuest, le passé n’est pas rangé dans un tiroir : il est remis au goût du jour. Chaque jour, des sujets sont sélectionnés pour être diffusés par Marjorie Michel, cheffe de service, et Olivier Pech, webmaster. À base de « Souvenez-vous » ou « Le saviez-vous ? », les archives alimentent le site du journal.
Là-bas, que l’on soit stagiaire ou titulaire, le rôle est de taille. Il faut faire le pont entre hier et aujourd’hui. Cela commence par la recherche dans la base de données : fouiller, identifier ce qui peut résonner avec l’actualité, trouver le bon angle. Cette année, la Coupe du Monde se joue au Mexique, comme en 1986 : une coïncidence qui devient prétexte à replonger dans les archives et raconter le parcours de l’équipe de France à l’époque sur le web.
Les éphémérides et les marronniers suivent la même logique : chaque date, chaque événement, chaque journée mondiale est une porte d’entrée vers un fait oublié.
Le service ne travaille pas en isolement pour autant. Il est sollicité par l’ensemble de la rédaction : recherches documentaires pour une chronologie sur la LGV Bordeaux-Toulouse, ou encore de Unes pour les 20 ans de l’Union Bordeaux Bègles pour le service publicité. Autant de demandes qui rappellent que les archives sont une ressource dont chacun peut avoir besoin.
Ce travail collectif passe aussi par la transmission. Être aux archives, c’est apprendre le droit à l’image et les contraintes juridiques qui l’accompagnent avant d’utiliser une photographie. Des réflexes essentiels que les titulaires enseignent aux stagiaires pour que les fonds iconographiques n’aient plus de secrets pour eux.
C’est aussi le lieu où le journaliste se confond avec le documentaliste. Trier, ranger, sécuriser les fonds les plus précieux : une forme d’« exercice physique », comme l’explique avec ironie la cheffe de service, qui représente en réalité une tâche essentielle. Une photo mal légendée est une photo perdue. Un dossier mal classé, c’est une information qui disparaît. Ce travail de fond, invisible et parfois long, est la condition du bon fonctionnement du service.
Une fois cela fait, le journaliste reprend du service. Légender une photographie, c’est déjà chercher le fait marquant. Rédiger un post ou monter une vidéo pour les réseaux sociaux à partir d’un article vieux de trente ans, c’est réécrire pour un nouveau public sans trahir l’histoire. Et chaque vue, c’est un lecteur potentiel ramené vers le site. Preuve que les archives, bien exploitées, sont une véritable plus-value éditoriale.
C’est ainsi qu’un article de 1986 peut faire le buzz en 2026. Il fallait juste savoir où chercher.
