Si Canelle Sab voyait le journalisme comme un rêve inaccessible, elle est aujourd’hui en charge du Récap de 20h et d’interviews longs formats pour le média Brut.
Chaque soir, elle prépare le Récap de 20h. Derrière l’écran, le ton est assuré, le regard direct. Rien ne laisse deviner que ce métier a longtemps été, pour elle, une perspective intimidante.
Avant de rejoindre Brut, il y a trois ans, elle s’oriente vers des études de langues puis vers le marketing digital. Entre-temps, elle s’inscrit au concours d’entrée de l’Institut de Journalisme de Bordeaux avant de renoncer. « Syndrome de l’imposteur », confie-t-elle. Pourtant, l’idée persiste. En 2018, elle rejoint France Télévisions comme assistante chargée de la valorisation des programmes, puis devient journaliste social media l’année suivante. « Il y avait un petit truc qui me disait : j’ai envie de faire ça. »
« Être carrée pour être sûre de soi dans son travail »
En arrivant chez Brut, Canelle Sab cherche davantage d’autonomie. « À France TV, il y a beaucoup de moyens, c’est innovant, mais encore un peu à l’ancienne […] À Brut, on part seul avec son téléphone », explique-t-elle. Elle y tourne, interviewe et monte ses sujets, principalement pour Instagram, parfois pour YouTube. Un travail polyvalent dans lequel le montage devient un véritable espace de « créativité, surtout pour les formats longs ».
« Métier passion », dit-on souvent. Mais aussi chronophage. La rigueur est pour elle indispensable : « Être carrée pour être sûre de soi dans son travail. » Une exigence qui garantit la qualité mais alourdit parfois le quotidien. Submergée par le flux de l’actualité, elle reconnaît que « ça rend malade ». La pression constante et la difficulté à dire non l’ont même déjà conduite à frôler le burn-out.
« Il y a un lien, quelque chose d’humain »
Ce rythme n’efface pourtant pas ce qui la fait tenir : les rencontres. Elle affectionne particulièrement les formats longs comme « Dans la tête de… » ou « Flashback ». Alison Wheeler, Orelsan, Omar Sy : autant d’entretiens où l’humain reprend le dessus. Avant certaines interviews, le stress persiste, surtout face à des personnalités réputées difficiles. Ce fut par exemple le cas avec Éric et Ramzy, réputés, d’après elle, pour « saboter » les échanges. Pourtant, l’expérience s’est révélée positive. Lorsque l’échange fonctionne, « il y a un lien, quelque chose d’humain », confie-t-elle.
Un nom reste néanmoins en haut de sa liste : Rihanna. Plus qu’une admiration, une figure dans laquelle elle dit se reconnaître. Mais ses ambitions ne s’arrêtent pas là. Elle aimerait revenir vers des formats télévisés. Originaire de Guadeloupe, elle souhaiterait également y réaliser un documentaire. Un souhait sur le point d’être exaucé, même si le projet reste encore discret. « Je ne peux pas encore vous en parler », avoue-t-elle, un sourire en coin. Un de ces objectifs rendus possibles par une profession qu’elle pensait autrefois inaccessible.
