Une seconde chance pour les étudiants : la réorientation

Pensive people thinking on crossroad with direction sign. Vector flat set of doubt, confused and puzzled characters making decision or choice. Men and women choose way near road post with arrow signs

De plus en plus de jeunes changent de voie après une première année d’études. Démarches, difficultés et nouveau projet : comprendre la réorientation dans l’enseignement supérieur.

« L’erreur est humaine » : un proverbe qui résonne particulièrement chez les étudiants en réorientation. Chaque année, ils sont de plus en plus nombreux à remettre en question leur premier choix d’études pour tenter de trouver une voie plus adaptée à leurs envies et à leur projet. En 2024, 169 000 étudiants ont fait le choix de se réorienter via Parcoursup, soit 3,7 % de plus qu’en 2023. Cette augmentation est loin d’être nouvelle. En 2020, elle avait déjà fait l’objet d’un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR).


Si ces chiffres peuvent impressionner, ils renvoient avant tout à des parcours humains. Derrière la réorientation, il y a des étudiants qui avancent parfois sans réel cadre d’accompagnement, confrontés au doute et à la nécessité de faire des choix. Julie et Medhi en sont l’illustration : deux étudiants bordelais, réunis par une même démarche, celle de la réorientation.

Comment se réorienter ?

Pour Medhi, ce choix n’est pas un échec, mais une façon de repartir après une première expérience qui ne lui convenait pas : « la réorientation représente un second choix après une première expérience dans l’enseignement supérieur ». Repasser par Parcoursup peut effrayer, mais la démarche reste globalement la même qu’en terminale. Dans un premier temps, il faut constituer son dossier, puis formuler ses vœux et expliquer ses motivations.

En utilisant la même adresse mail, certaines informations sont automatiquement préremplies, notamment les notes de première et de terminale ainsi que les appréciations des professeurs dans la fiche Avenir. « Il n’y a pas eu de différence entre ma première inscription sur Parcoursup et la réorientation », souligne Julie. « Il faut commencer par bien se renseigner sur le cursus qu’on veut débuter et sur les passerelles qui existent entre différentes études. »

Cependant, la réorientation implique aussi de nouvelles exigences. Un élément supplémentaire peut ainsi s’ajouter au dossier : la fiche de suivi. Facultative mais vivement conseillée, elle permet d’expliquer et de valoriser le projet de réorientation. Elle complète le projet de formation et doit être signée par un organisme habilité. Parmi eux figurent le Service Universitaire d’Information et d’Orientation (SUIO), les Centres d’Information et d’Orientation (CIO), les missions locales, les Centres d’Information et de Documentation Jeunesse (CIDJ) ou encore les cités des métiers.

Valoriser sa réorientation

Une fois les démarches engagées, encore faut-il savoir présenter son parcours. La réorientation peut parfois être perçue négativement par certaines formations, ce qui oblige les candidats à apprendre à la valoriser. Selon les données de la session 2024 de Parcoursup, les étudiants en réorientation reçoivent en moyenne une proposition d’admission de moins que les candidats sortant directement du lycée. Les lettres de motivation, la fiche de suivi ou encore la rubrique « Activités et centres d’intérêt » deviennent alors essentielles pour mettre en avant son projet.

Cette étape a d’ailleurs été la plus difficile pour Medhi : mettre des mots sur son parcours sans se dévaloriser. « J’ai rencontré des difficultés, notamment pour expliquer clairement mon parcours et justifier mon changement d’orientation dans les lettres de motivation. Il fallait montrer que cette réorientation était un choix mûrement réfléchi et non un échec, ce qui n’est pas toujours évident », confie-t-il.

Difficile, mais pas impossible, puisqu’il a pu intégrer un BTS Gestion et Comptabilité, qui s’adapte davantage à son rythme de vie et à ses envies. Un mal pour un bien pour Julie aussi, qui a pu prendre le temps de réfléchir davantage : « Ça m’a permis de trouver ma voie et de savoir vers quoi je voulais m’orienter l’année prochaine. »

Ainsi, changer de voie n’efface pas un premier choix, mais permet de mieux l’affiner. En aidant les étudiants à mieux se connaître et à affiner leurs objectifs, cette étape s’impose aujourd’hui comme une composante à part entière du parcours étudiant.

Inès Wortham, fait le 13 janvier 2026

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