Le 6 mai 2026, quatre hommes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. En cause : des perquisitions menées par de faux policiers, un trésor familial dérobé et des victimes brisées.
Le 16 janvier 2024, deux hommes se présentent au domicile d’une influenceuse, à Parempuyre, tôt dans la matinée. Brassards de police, mandat de perquisition, menottes attachées au jean : tout semble normal. Pourtant, le mandat comporte plusieurs fautes d’orthographe, les hommes se montrent agressifs et l’un reste à la porte, le visage dissimulé. L’influenceuse « se sent en danger » et appelle le 17. Ceux qui étaient en réalité de faux policiers prennent la fuite.
Trois jours plus tard, le même mode opératoire se répète au Pian-Médoc. Un guetteur rôde autour du domicile d’un couple de personnes âgées. Dès que la femme sort, il déclenche l’arrivée de faux policiers munis d’un mandat. Le mari, un homme âgé, est menotté et séquestré jusqu’à ce qu’il conduise les faux policiers à l’emplacement de lingots d’or stockés au domicile d’un proche. Les malfaiteurs s’emparent de 13 lingots d’or et 240 pièces de 20 francs Napoléon, le tout estimé à 860 000 euros, un « butin tout à fait colossal » selon les mots du président du tribunal.
Ainsi, mercredi 6 mai 2026, les deux affaires sont jugées au tribunal correctionnel de Bordeaux.
Dans le box, Michel Mousseigne, beau-frère du vieil homme, est jugé pour complicité d’enlèvement et de séquestration, pour avoir fourni des informations sur le couple en plus d’avoir était le commanditaire de l’opération. La victime, d’après son avocat, a failli ne pas venir : terrorisée par cet homme de sa propre famille. Mousseigne se défend, sûr de lui : « Les lingots, tout le monde en parlait. » Quant au guetteur, Monsieur Caprais, promoteur immobilier ruiné, il affirme avoir agi sous la peur et la menace.
Les faux policiers, Oudane et Zaky, deux ex-toxicomanes, sont jugés pour la tentative de vol chez l’influenceuse. Tous deux affirment qu’ils cherchaient un kilo de cocaïne. Ils présentent leurs excuses à celle-ci, mais nient tout lien avec l’affaire des lingots.
Si les deux affaires n’ont en apparence que le même mode opératoire en commun, pour la procureure, elles ont aussi le même mobile : « C’est l’appât du gain qui a motivé l’ensemble des prévenus. » Une affaire qualifiée « d’atypique » par le président du tribunal. Les avocats des parties civiles rappellent, eux, les séquelles : des victimes « terrorisées », rongées par une « culpabilité immense » et une « haine profonde ». Les deux victimes ont également été touchées par des problèmes cardiaques dans les mois suivant les faits.
Le délibéré tombe après 6 heures d’audience. Mousseigne écope de quatre ans de prison dont un avec sursis, la peine la plus lourde. Caprais est condamné à trois ans dont dix-huit mois avec sursis. Oudane et Zaky écopent respectivement de deux ans ferme et de quatre ans dont deux avec sursis.
