A Bordeaux, le marché des Salinières, ouvert tous les matins, accueillent des commerçants de toutes nationalité. Ceux-ci n’ont qu’une idée en tête gagner un minimum d’argent pour survivre.
Entre les stations de tram Porte de Bourgogne et Saint-Michel à Bordeaux, les exposants du marché aux puces enchaînent des matinées chargées. Chaque minute compte. De 5 h à 14 h, ils négocient, discutent et vendent des bibelots en tout genre pour gagner un peu d’argent. À l’entrée, les vendeurs non déclarés étalent des articles à même le sol ou sur des draps sales. Plus loin, le marché prend une tout autre forme. Ampoules, décorations, livres ou encore vêtements sont bien rangés sur des tables de bonne fortune.
Dans cette partie du marché, le mélange de langues « arabes, africaines, roumaines ou bulgares » rythme les discussions. D’un côté, une vendeuse crie « tout à deux euros ». De l’autre, une jeune femme s’accroche pour tenter d’acheter une peluche à trois euros au lieu de cinq. Dans ce brouhaha incessant, chacun tente de se faire une place.
Pour Zacarias, un homme d’origine arabe d’une trentaine d’années, ce bruit est devenu au fil des années une musique répétitive. Il vend des chaussures et des vêtements récupérés. « On vend ce qui est récupérable », explique-t-il d’un air triste. Ce dernier ne trouve pas de travail en dehors de ce marché. Les rares fois où il en trouve, ce sont des contrats courts. Le marché lui assure donc une source de revenu chaque jour. « On gagne trente ou quarante euros en une journée, c’est compliqué », soupire-t-il. Il replonge dans ses négociations avant d’ajouter : « C’est mieux que de rester à la maison ». Pour les habitués, c’est comme une seconde famille. « Regardez autour de vous, vous voyez quoi ? Ça n’a pas l’air calme ? » tonne un vieux brocanteur. Il montre de la main le marché. Des clients flânent dans les allées, certains habitués se saluent d’un sourire ou d’un geste de la main. C’est un lieu où la misère et la solidarité s’allient pour former une communauté soudée. On en oublie même les querelles entre marchands déclarés et illégaux.
Pourtant, de nombreux marchands gardent une inquiétude en tête. Le marché est menacé par la fermeture. L’inquiétude se lit dans les yeux et dans les paroles de certains. « Vous n’avez rien à faire là », hurle tout d’un coup un homme à l’entrée. Sa plus grande crainte est les descentes de police et les plaintes des Bordelais. Cela porterait préjudice à son affaire et le priverait alors de son unique source de revenu.
